Les chercheures de l’INSP, Isidora Janezic et Marie-Eve Levasseur, viennent de publier deux documents intĂ©ressants pour les personnes qui s’intĂ©ressent aux mĂ©faits du cannabis. Bon Stock note cependant que les producteurs autorisĂ©s auraient aussi intĂ©rĂȘt Ă  s’intĂ©resser Ă  leurs travaux pour mieux comprendre les consommateurs. En fait, tout le monde devrait prendre le temps de parcourir ces deux documents. Bon Stock constate une capacitĂ© de nuances propre Ă  encourager et enrichir les Ă©changes entre gens de sciences et citoyens. La consommation quotidienne de cannabis est un sujet important pour la santĂ© publique, l’industrie du cannabis et les personnes qui consomment.

Rappelons que l’Institut national de santĂ© publique du QuĂ©bec est le centre d’expertise et de rĂ©fĂ©rence en matiĂšre de santĂ© publique au QuĂ©bec. Sa mission est de soutenir le ministre de la SantĂ© et des Services sociaux dans sa mission de santĂ© publique.

Les deux publications s’inscrivent dans le volet RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT. La premiĂšre s’intitule La consommation quotidienne de cannabis chez les adultes. La deuxiĂšme publication Consommation quotidienne de cannabis : portrait qualitatif des 18 Ă  34 ans s’intĂ©resse plus particuliĂšrement Ă  la consommation de consommateurs du QuĂ©bec.

Une belle Ă©quipe

La collection Recherche et dĂ©veloppement regroupe diverses productions scientifiques qui enrichissent le corpus de connaissances avec de nouvelles idĂ©es techniques et mĂ©thodologiques. Bon Stock note que les auteures travaillent avec une Ă©quipe de collaborateurs stables, les mĂȘmes pour les deux publications. Avec des budgets de recherche rĂ©duits par la rĂ©affectation des profits du cannabis Ă  d’autres problĂ©matiques par le gouvernement caquiste, c’est le genre de dĂ©tails qui peut faire une diffĂ©rence.

Bon Stock va vous présenter une synthÚse des deux documents, mais notre travail commence par déterminer les similitudes et différences entre les deux documents sur la consommation quotidienne de cannabis. 

Deux documents trÚs différents

Les deux documents, La consommation quotidienne de cannabis chez les adultes et Consommation quotidienne de cannabis : portrait qualitatif des 18 à 34 ans se concentrent sur la consommation quotidienne de cannabis chez les adultes, en examinant plus particuliÚrement les modÚles, les motivations et les effets. Malgré leur objectif commun, les documents divergent dans leurs méthodologies, les populations étudiées et les contextes dans lesquels se situent leurs recherches.

Similitudes 

L’accent mis sur la consommation quotidienne de cannabis :

Les deux documents donnent la prioritĂ© Ă  l’étude des personnes qui consomment du cannabis quotidiennement. Ils visent Ă  comprendre les motivations derriĂšre l’usage quotidien, les mĂ©thodes de consommation et les impacts sociaux et sanitaires d’une telle habitude.

Motivations de l’usage :

Chaque document met en évidence les différentes raisons de la consommation quotidienne de cannabis. Les motivations les plus courantes sont la relaxation, la socialisation, la gestion de la douleur et la gestion des problÚmes de santé mentale. Ces motivations illustrent les multiples facettes de la consommation quotidienne, qui va des fins récréatives aux fins thérapeutiques.

Implications pour la santé :

Les deux documents reconnaissent les consĂ©quences de la consommation quotidienne de cannabis sur la santĂ©. Ils abordent Ă  la fois les effets positifs, tels que le soulagement de la douleur et la rĂ©duction de l’anxiĂ©tĂ©, et les effets nĂ©gatifs, tels que les problĂšmes potentiels de santĂ© mentale et la dĂ©pendance. Ce point de vue Ă©quilibrĂ© permet de bien comprendre les effets de la consommation quotidienne de cannabis sur la santĂ©.

Appel à davantage de recherche :

Les deux documents soulignent la nĂ©cessitĂ© de poursuivre les recherches. Ils reconnaissent les limites des Ă©tudes actuelles, notamment en ce qui concerne la comprĂ©hension des effets Ă  long terme et des nuances de l’usage quotidien dans des populations spĂ©cifiques.

Différences 

MĂ©thodologie

L’étude La consommation quotidienne de cannabis chez les adultes utilise une revue systĂ©matique de la littĂ©rature, s’appuyant sur diverses Ă©tudes pour compiler les rĂ©sultats sur la consommation quotidienne de cannabis. Il utilise une synthĂšse narrative pour analyser et prĂ©senter les donnĂ©es.

L’étude Consommation quotidienne de cannabis : portrait qualitatif des 18 Ă  34 ans semble utiliser une combinaison d’approches qualitatives et quantitatives, y compris des enquĂȘtes et des entretiens. Le but est de recueillir des tĂ©moignages dĂ©taillĂ©s et de premiĂšre main de consommateurs quotidiens de cannabis. Cette approche mixte fournit des informations Ă  la fois statistiques et anecdotiques.

Population étudiée

La consommation quotidienne de cannabis chez les adultes se concentre largement sur les adultes sans spĂ©cifier de groupes dĂ©mographiques particuliers. Cette approche permet d’obtenir une vue d’ensemble de la consommation quotidienne de cannabis dans diffĂ©rentes populations d’adultes.

L’étude Consommation quotidienne de cannabis : portrait qualitatif des 18 Ă  34 ans  se concentre sur des groupes spĂ©cifiques. Cette approche permet d’explorer plus en profondeur les dĂ©fis et les motivations propres Ă  ces groupes dĂ©mographiques particuliers.

Cible géographique

La consommation quotidienne de cannabis chez les adultes fait rĂ©fĂ©rence Ă  des Ă©tudes menĂ©es dans divers pays, dont les États-Unis et le Danemark, mais souligne l’absence de donnĂ©es spĂ©cifiques sur la population quĂ©bĂ©coise ou canadienne.

Consommation quotidienne de cannabis : portrait qualitatif des 18 Ă  34 ans  met davantage l’accent sur le contexte quĂ©bĂ©cois en focalisant sur la rĂ©gion de la Capitale-Nationale. Cette approche rĂ©gionale permet d’obtenir des informations plus pertinentes pour les dĂ©cideurs locaux et les responsables de la santĂ© publique.

Conclusion

Une double perspective est pertinente pour dĂ©velopper des interventions de santĂ© publique ciblĂ©es et Ă©clairer les dĂ©cisions politiques. En thĂ©orie
 

Bon Stock vous propose une synthĂšse «coup de cƓur» dont l’objectif est de vous donner le gout de consulter les documents originaux. 

Publication #1

La consommation quotidienne de cannabis chez les adultes

Mise en garde

  • Cette publication est une simple revue de la littĂ©rature systĂ©matisĂ©e. Ce type de publication exige Ă©normĂ©ment de discipline pour s’assurer de comparer des pommes avec des pommes. Le processus de sĂ©lection des articles est bien expliquĂ© par un diagramme de flux de type prisma. Cette synthĂšse des connaissances suit les Ă©tapes mĂ©thodologiques d’une revue narrative systĂ©matisĂ©e.
DIAGRAMME DE FLUX DE TYPE PRISMA

DIAGRAMME DE FLUX DE TYPE PRISMA

  • Au final, l’équipe de recherche a sĂ©lectionnĂ© uniquement trois articles. Les conclusions de l’étude seront donc modestes, mais pas inutiles.
    • Le nombre limitĂ© d’études n’a pas permis de dresser un portrait complet de la consommation quotidienne de cannabis chez les adultes.
    • La faiblesse de l’échantillonnage interdit toutes conclusions dĂ©finitives, car il n’est pas reprĂ©sentatif de la population Ă©tudiĂ©e.
      • Aucune des Ă©tudes retenues ne porte sur la population quĂ©bĂ©coise ou canadienne.
  • Pour cette synthĂšse, la consommation quotidienne signifie consommer au moins une fois par jour, tous les jours de la semaine.

Motivations

  • L’échantillon limitĂ© permet toutefois de conclure que les motivations de consommation varient fortement. Pourquoi? C’est la diversitĂ© des profils sociaux dĂ©mographiques qui gĂ©nĂšre cette mosaĂŻque de motivations.
  • Il existe une multitude de perceptions sur les effets d’une consommation quotidienne. Les consommateurs n’avancent pas les yeux fermĂ©s contrairement aux prĂ©jugĂ©s ambiants. Des effets positifs et nĂ©gatifs sont Ă©voquĂ©s par les consommateurs.
  • Les chercheuses Ă©voquent le National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine (NASEM) qui avance que les diverses problĂ©matiques de santĂ© connues sont plus souvent observĂ©es chez les usagers frĂ©quents. Le risque de dĂ©pendance au cannabis et Ă  la consommation d’autres substances serait aussi plus grand pour cette population.
  • Dans le cadre d’une politique contre la lutte des mĂ©faits causĂ©e par la consommation du cannabis
 ce type de consommateur est donc particuliĂšrement important Ă  Ă©tudier puisqu’il reprĂ©sente les personnes consommant du cannabis les plus Ă  risque d’en subir les consĂ©quences nĂ©gatives pour leur santĂ© et qu’il importe d’identifier les interventions prĂ©ventives les plus adaptĂ©es Ă  cette population.

Consommation

  • Le dĂ©but de la consommation est trĂšs variĂ© en termes de contextes sociaux, mais plusieurs trajectoires coexistent
    • Trajectoire #1
      • Pour ces personnes, l’intĂ©gration Ă  des groupes Ă  l’adolescence signifiait l’initiation quasi immĂ©diate Ă  une consommation quotidienne, qui se poursuivait Ă  l’ñge adulte. Celles qui travaillent adaptaient leur consommation aux heures de travail, aucune ne voyant sa consommation comme problĂ©matique.
    • Trajectoire #2
      • Les participantes et participants appartenant Ă  cette trajectoire ont commencĂ© Ă  consommer tard dans l’adolescence, mais ne consommaient pas le cannabis quotidiennement Ă  cette Ă©poque. À l’ñge adulte, ces personnes fumaient quotidiennement et gĂ©nĂ©ralement seules plutĂŽt qu’en groupe. Plusieurs voyaient le cannabis comme une rĂ©compense leur permettant de se dĂ©tendre Ă  la fin d’une journĂ©e de travail, le comparant ainsi Ă  un verre de vin.
    • Trajectoire #3
      • Leur consommation de cannabis est devenue une pratique quotidienne qu’elles et ils ont adoptĂ©e malgrĂ© eux, d’une certaine maniĂšre. À la lumiĂšre de leurs analyses, les auteures ont constatĂ© que cette catĂ©gorie d’usagers regroupe souvent des personnes qui se sont, Ă  maintes reprises, senties diffĂ©rentes et seules, qui auraient commencĂ© Ă  consommer dans le but de pouvoir appartenir Ă  un groupe et pour briser l’isolement. Étant donnĂ© qu’elles n’avaient pas d’amis proches ni de rĂ©seau familial stable, elles se sont retrouvĂ©es Ă  cĂŽtoyer des groupes de personnes qui consommaient quotidiennement. En effet, fumer du cannabis leur a permis d’avoir accĂšs Ă  la vie sociale que ces personnes dĂ©siraient.
    • Trajectoire #4
      • Les participantes et participants de cette trajectoire ont mis l’accent sur leur incapacitĂ© Ă  arrĂȘter de consommer du cannabis au quotidien plutĂŽt que sur les raisons les ayant motivĂ©s Ă  commencer Ă  consommer. Ainsi, ces personnes mettent l’accent sur le sentiment de honte associĂ© Ă  leur incapacitĂ© d’arrĂȘter. Ces participantes et participants consomment gĂ©nĂ©ralement avant d’aller travailler, sont souvent intoxiquĂ©(e)s au travail et consomment Ă  n’importe quel moment de la journĂ©e, ce qu’elles et ils dĂ©crivent comme Ă©tant inacceptable et particuliĂšrement problĂ©matique. Selon les auteures, ce n’est pas la frĂ©quence de consommation qui est jugĂ©e problĂ©matique, mais plutĂŽt les raisons de consommation (p. ex. : perte de contrĂŽle et l’incapacitĂ© d’arrĂȘter) et le contexte de consommation dans la vie de tous les jours.

Problématiques particuliÚres

  • Certaines participantes ont reçu l’information renvoyant au fait que l’exposition in utero au cannabis est associĂ©e Ă  des consĂ©quences sur le dĂ©veloppement neurologique du bĂ©bĂ© et qu’aucun niveau de consommation n’est sĂ©curitaire durant la grossesse et l’allaitement. Par consĂ©quent, leurs fournisseurs de soins de santĂ© les encouragent Ă  s’abstenir de consommer.
  • 
il est possible d’observer qu’une partie des adultes qui consomment quotidiennement du cannabis le font dans des contextes qui leur permettent de poursuivre leurs activitĂ©s quotidiennes courantes, soit parfois durant le jour et mĂȘme avant ou pendant le travail 

Discussion

Les chercheuses concluent que :

  • La consommation solitaire ne reflĂšte pas une consommation problĂ©matique.
  • Aucune donnĂ©e d’enquĂȘtes quĂ©bĂ©coises ne permet de quantifier avec prĂ©cision ce qu’est «la consommation quotidienne» ou qui est les consommateurs «quotidiens». Il serait pertinent dans une perspective de santĂ© publique de pouvoir dĂ©finir avec plus de prĂ©cisions le phĂ©nomĂšne de la consommation quotidienne de cannabis au QuĂ©bec, ce qui viendrait apporter un complĂ©ment aux donnĂ©es des enquĂȘtes populationnelles. 
  • Les chercheuses notent Ă©galement qu’aucune des Ă©tudes retenues ne permet d’apprĂ©hender correctement les diffĂ©rentes mĂ©thodes de consommation. Devant ce constat, il semble d’autant plus pertinent de rĂ©aliser davantage d’études sur le sujet, compte tenu du fait que ces pratiques peuvent parfois exacerber les effets nĂ©fastes du cannabis sur la santĂ©.

Publication #2 

Consommation quotidienne de cannabis : portrait qualitatif des 18 à 34 ans

ExcĂšs de sentimentalisme? Peut-ĂȘtre. Bon Stock avoue avoir Ă©tĂ© touchĂ© par un paragraphe de remerciement au dĂ©but de la publication :

Nos remerciements vont Ă  l’ensemble des participantes et participants qui ont gĂ©nĂ©reusement acceptĂ© de prendre part Ă  cette recherche. Vous avez acceptĂ© de nous partager une partie de vos vies, en toute authenticitĂ© et nous vous en sommes trĂšs reconnaissantes. Nous avons essayĂ© de rendre compte de vos expĂ©riences, de vos vĂ©cus, de vos ressentis avec le plus de justesse possible et avec le plus grand des respects. 

Structure de la recherche

La recherche adopte une approche qualitative qui a permis d’interviewer 46 personnes :

  • 25 hommes
  • 8 femmes
  • 2 personnes Ă©taient non binaires et une personne Ă©tait en questionnement de son identitĂ©.

L’équipe de recherche a rĂ©alisĂ© des entretiens individuels semi-dirigĂ©s pour atteindre ses objectifs. Ce type de dĂ©marche permet d’obtenir une comprĂ©hension profonde des comportements humains et des phĂ©nomĂšnes sociaux.

Fait important Ă  noter, d’autres thĂšmes, qui ne faisaient pas partie de la trame d’entretien initiale ont Ă©tĂ© repĂ©rĂ©s, par exemple, les thĂšmes : «contrĂŽle sur la consommation», «perceptions de la consommation». Bon Stock apprĂ©cie cette souplesse.

Le but de cette recherche? 

Documenter les pratiques de consommation quotidienne de personnes ĂągĂ©es de 18 Ă  34 ans rĂ©sidant dans la rĂ©gion de la Capitale-Nationale. Cette rĂ©gion possĂšde une population urbaine et rurale avec des profils socioĂ©conomiques variĂ©s. Elle propose aussi la prĂ©sence d’une communautĂ© autochtone (Wendake) et l’approvisionnement Ă  la SQDC est disponible sur tout le territoire.

La recherche est une demande du ministÚre de la Santé et des Services sociaux. 

Pourquoi s’intĂ©resser Ă  cette clientĂšle en particulier? Selon les donnĂ©es probantes actuellement disponibles, la consommation quotidienne induirait des consĂ©quences nĂ©gatives, surtout si la consommation a dĂ©butĂ© Ă  un jeune Ăąge. Les 18-34 ans constituent aussi le segment des consommateurs qui consomment le plus. Dans une perspective de rĂ©duction des mĂ©faits causĂ©s par le cannabis, s’intĂ©resser prioritairement Ă  cette catĂ©gorie de consommateurs est logique. Bon Stock vous prĂ©sentent d’abord les faits saillants proposĂ©s par les chercheuses.

Motivations

  • Les participants Ă  l’étude adoptent de multiples stratĂ©gies pour que leur consommation quotidienne de cannabis ne perturbe pas le dĂ©roulement journalier de leurs activitĂ©s. Ils affirment garder leur consommation «sous contrĂŽle».
  • Aucune des personnes participantes ne consommait pour une seule raison.

Impact et perceptions de la consommation

  • En gĂ©nĂ©ral, la consommation quotidienne de cannabis est perçue positivement. Elle joue un rĂŽle bien dĂ©fini dans la vie de la plupart des participants. MalgrĂ© cette vision positive, ils reconnaissent les effets nĂ©gatifs possibles d’une consommation quotidienne sur leur santĂ© physique et d’autres aspects de leur vie. 
  • L’avantage principal de l’arrĂȘt de la consommation quotidienne? Les Ă©conomies rĂ©alisĂ©es. 
  • Le principal inconvĂ©nient pour stopper la consommation de cannabis? Les participants ont peur de devoir reprendre des mĂ©dicaments sur ordonnance qui leur posaient divers problĂšmes. 
  • Le cannabis est perçu comme une alternative moins nocive que les mĂ©dicaments de prescription.

Approvisionnement et environnement de consommation

  • La grande majoritĂ© des participants Ă  cette Ă©tude achĂšte leur cannabis Ă  la SQDC. Le principal avantage de cet approvisionnement? Connaitre exactement le contenu du cannabis consommĂ©. L’irritant principal est le cout des produits proposĂ© par le monopole provincial.
  • Un obstacle majeur Ă  la consommation dans l’environnement physique est l’interdiction de consommer du cannabis dans les lieux de rĂ©sidence, notamment dans les logements louĂ©s. Ainsi, de nombreuses personnes consomment Ă  l’extĂ©rieur, mĂȘme si c’est Ă©galement. Le cannabis ne cause pas le rhume
 
  • Quant aux Ă©lĂ©ments facilitant la consommation de cannabis, ne plus vivre chez ses parents et possĂ©der une propriĂ©tĂ© privĂ©e sont des facteurs importants qui favorisent la consommation quotidienne.

Autres données importantes

  • Les jeunes adultes de 18 Ă  34 ans consomment plus de cannabis proportionnellement que les autres segments de la population quĂ©bĂ©coise.
  • Ils reprĂ©sentent entre 32 % et 40 % des consommateurs au cours des 12 derniers mois.
  • Au QuĂ©bec, entre 7 % et 16 % des 18 Ă  34 ans ayant consommĂ© du cannabis au cours des 12 derniers mois l’ont fait quotidiennement.
  • Les consommateurs quotidiens sont les plus Ă  risque de dĂ©velopper des consĂ©quences nĂ©gatives.
  • Ce risque est particuliĂšrement Ă©levĂ© lorsque la consommation a commencĂ© Ă  un jeune Ăąge.

Les principales conclusions

  • Les participantEs estiment que leur consommation de cannabis est temporaire et qu’elle rĂ©pond Ă  un besoin spĂ©cifique dans leur vie.
  • Certains jeunes adultes ne constatent pas d’effets nĂ©gatifs sur leur santĂ© physique. D’autres craignent de devoir reprendre des mĂ©dicaments dont ils craignent les effets secondaires indĂ©sirables s’ils arrĂȘtent le cannabis.
  • Cette Ă©tude qualitative est la premiĂšre Ă  s’intĂ©resser aux jeunes adultes.

Et alors?

L’INSPQ joue un rĂŽle important au QuĂ©bec. Si ses publications semblent parfois enfoncer des portes ouvertes, les impatients sont priĂ©s de comprendre que la bonne science n’est pas faite de raccourcis intellectuels. C’est deux recherches doivent ĂȘtre considĂ©rĂ©es comme des Ă©lĂ©ments constitutifs, des «briques», pour l’édification d’une nouvelle base de connaissances. Comme pour les fondations d’une maison, il est primordial de construire des structures fondamentales solides pour Ă©viter d’échafauder par la suite des thĂ©ories mal Ă©tayĂ©es.

Bon Stock se pose une seule question. Les chercheures regrettent qu’aucune Ă©tude ne s’intĂ©resse aux modes de consommation des usagers quotidiens de cannabis. La recherche Consommation quotidienne de cannabis : portrait qualitatif des 18 Ă  34 ans était le vĂ©hicule parfait pour poser ce type de questions aux participantEs. Pourquoi ne pas l’avoir fait?  

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Luc Prévost
Fondateur de Bon Stock et toPot.