Vrac ou pot, quelle est la question?
Au début était le ziploc. On parle des hippies et du début des années 70.
En 2022, au Québec, on achÚte maintenant le pot en pot ou en sachet.

Le suremballage est la preuve que le ridicule ne tue pas.

L’emballage tout court est une rĂ©volution dans l’existence des humains.

La conserve est un bel exemple. En 1795, Nicolas Appert, son inventeur dĂ©cida de donner son invention Ă  l’humanitĂ© plutĂŽt que de la breveter. Appert utilisait des contenants de verre. Peter Durand et Bryan Donkin brevetĂšrent son invention pour la conservation des aliments dans des boites en fer-blanc.

Bouteille de champagne «conserve»
avec goulot XXL + bouchon de liĂšge
(1810) Source

Appert Ă©tait un confiseur d’origine champenoise.

Au Québec, à la SQDC, les produits peuvent paraitre emballés ou suremballés. Dans le ROC (Rest of Canada) aussi.

La fameuse «manutention» a ses exigences dans le commerce. Une perte d’efficacitĂ© et hop, il faut augmenter les prix. Mais les mĂ©dias sociaux sont pleins de visuels qui montrent des fleurs vendues en vrac. Cela fait rĂȘver plus d’une internaute. 

Pour les amateurs de cannabis, la corne d’abondance, c’est un gros pot de bonbon rempli de fleurs. On s’imagine soulever des couvercles de verre pour humer des fleurs aux noms qui font rĂȘver.

Ensemble nous allons faire une expĂ©rience mentale. Imaginons que nous construisons l’industrie du futur. Imaginons que la SQDC continue son petit traintrain. Imaginons que dans 5 ans, 15 ans, 30 ans, le privĂ© puisse vendre les molĂ©cules du cannabis. Pas comme en Ontario oĂč le privĂ© est en compĂ©tition contre un État juge et parti. Imaginons un marchĂ© oĂč les producteurs autorisĂ©s vendent plus ou moins directement au rĂ©seau privĂ©. 

Recyclage des pots de cannabis Article Bon Stock

Voici notre programme pour réfléchir :

  1. AVANTAGES FLEURS EN VRAC
  2. AVANTAGES FLEURS EN POT
  3. DÉSAVANTAGES FLEURS EN POT
  4. DÉSAVANTAGES FLEURS EN VRAC
  5. CONCLUSION

Alors doit-on permettre la vente en vrac? Est-elle souhaitable? Qui serait le plus avantagé par ce type de vente? Le consommateur ou le vendeur privé?

Imaginons que tout est permis. 

Maintenant, regardons, d’un point de vue commercial, privĂ© oblige, les avantages-inconvĂ©nients des deux solutions. Vous avez le droit d’imaginer des emballages intelligents, recyclables et sĂ©curitaires en plus des pots Ă  bonbons dans toute leur gloire.

DĂ©tail technique important : on devrait parler de prĂ©emballage. Les taches effectuĂ©es par les dĂ©tenteurs de licences de transformation dans l’industrie du cannabis sont rĂ©alisĂ©es dans des environnements banals sans contraintes sanitaires Ă©levĂ©es. Ces taches pourraient, techniquement, ĂȘtre rĂ©alisĂ©es dans les points de vente d’une certaine taille au prix d’un encadrement strict. La principale difficultĂ© rĂ©side Ă©videmment dans la chaine d’imputabilitĂ© pour l’étiquetage d’un produit psychotropique.

AVANTAGES FLEURS EN VRAC

  • Le client peut voir et sentir la fleur avant de l’acheter.
    • Le client voit que le poids est juste.
  • RĂ©duction des retours et plaintes.
  • Moins d’emballage.
    • Moins de pression sur l’environnement.
  • Effet COSTCO (achat moyen en vrac suspectĂ© d’ĂȘtre plus Ă©levé ).
  • Peut favoriser une relation de conseil par le biais de l’observation des fleurs.

AVANTAGES FLEUR EMBALLÉS 

  • Le client voit des marques, pas des fleurs anonymes.
  • Produit propre et de qualitĂ© Ă  chaque fois (thĂ©oriquement).
  • PrĂ©servation maximale du choix de l’artisan maitre cultivateur.
    • HumiditĂ©, des profils de cannabinoĂŻdes et des terpĂšnes.
  • Respect de la fleur.
    • RĂ©cipient hermĂ©tique, Ă  l’abri de la chaleur et de la lumiĂšre.
  • Transaction plus rapide = plus de profit.
  • Étiquetage optimum.
  • Le prĂ©emballage rĂ©duit le risque de contamination.
  • Le prĂ©emballage assure la conformitĂ© rĂšglementaire.
  • Le prĂ©emballage maximise la gestion des stocks.

Cannabis en vrac pour article sur Bon Stock
Cannabis en vrac pour article sur Bon Stock
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DÉSAVANTAGES FLEUR EMBALLÉS

  • Couts de l’emballage.
  • Couts environnementaux.
    • Les sacs de mylar si pratiques pour Ă©liminer les odeurs ne se dĂ©composeront JAMAIS.
  • Le consommateur ne peut ni voir ni sentir le produit.
    • Son expertise est dĂ©niĂ©e.
    • À la SAQ, le client peut gouter des produits et discuter de ses perceptions.

DÉSAVANTAGES FLEURS EN VRAC

  • Moins de protection pour le produit.
    • Pour protĂ©ger l’intĂ©gritĂ© des fleurs, les contenants de verre devraient ĂȘtre opaques

    • Sentir le produit = problĂšmes d’hygiĂšne (rhume, COVID, etc.).
    • Augmentation des chances de contamination avec des ustensiles souillĂ©s.
  • Plus de pertes .
  • Perte de shake et de kief par manipulation.
  • Plus de fleurs dĂ©truites par les manipulations successives.
  • Une fleur Ă©chappĂ©e doit ĂȘtre jetĂ©e.
  • Les couts d’opĂ©ration sont plus Ă©levĂ©s.
    • Le remplissage des rĂ©cipients impose des obligations sanitaires supplĂ©mentaires.
  • Il faut utiliser un sac de plastique pour chaque cultivar diffĂ©rent achetĂ© par le client.
  • Le succĂšs du commerce dĂ©pend beaucoup plus de la qualitĂ© du service. 
  • Les meilleurs employĂ©s se payent plus cher.
  • Il en faut beaucoup plus pour servir plus de monde.
  • Le sĂ©chage et la perte de poids causĂ© par l’ouverture-fermeture Ă  rĂ©pĂ©tition du couvercle crĂ©ent une perte de revenu.
  • Plus de perte l’hiver, car la tempĂ©rature des commerces est plus Ă©levĂ©e.
  • Perte de visibilitĂ© pour les marques.
    • Le vrac, c’est la mort des marques.

CONCLUSION

Terminons notre expĂ©rience mentale. Nous venons de cartographier les avantages et inconvĂ©nients de la vente en vrac et en prĂ©emballĂ©. Imaginons maintenant que nous pouvons alternativement porter la casquette du consommateur et celle du propriĂ©taire d’une boutique privĂ©e.

Ziploc pour article Bon Stock

La fermeture de type Ziploc a Ă©tĂ© inventĂ©e en 1950 par Börge Madsen, mais que la marque Ziploc n’apparait qu’en 1968.

Les deux avenues ont des avantages et inconvĂ©nients marquĂ©s. Comme propriĂ©taire d’une boutique privĂ©e, quels sont les inconvĂ©nients que vous seriez prĂȘts Ă  vivre? Les futĂ©s pourraient envisager de mettre en place une solution hybride avec certains produits en vrac et d’autres prĂ©emballĂ©s. On me dit que ça existe juste de l’autre cĂŽtĂ© de la frontiĂšre du QuĂ©bec avec l’Ontario.

Si vous Ă©tiez le propriĂ©taire d’une marque, seriez-vous d’accord pour renoncer Ă  exprimer votre personnalitĂ© pour vous fondre dans l’anonymat du vrac? Est-ce que les marques pourraient vendre leurs fleurs dans des pots transparents identifiĂ©s avec leur logo? Avec une consigne pour le pot, les marques pourraient vendre leur produit dans un format «Costco» tout en assurant l’étiquetage et la propretĂ© des contenants. Pour les marques, il est clair que le prĂ©emballĂ©, surtout avec les restrictions de marketing actuelles, est un des plus importants Ă©lĂ©ments de leurs discours commerciaux. Dans le contexte d’une accĂ©lĂ©ration de la diminution des marges de profits, le prĂ©emballĂ© reste au coeur de la survie de l’industrie du cannabis.

Aux États-Unis, le vrac est lĂ©gal dans 19 États qui rĂ©alisent 58 % des ventes du pays. 14 États interdisent le vrac. Uniquement 7 des États oĂč seul est lĂ©gal le cannabis mĂ©dical autorisent la vente en vrac. La Pennsylvanie a interdit ce type de vente depuis la pandĂ©mie COVID. Le Maryland a fait l’inverse.

Femme cheveux gris qui manipule un Ă©grenoir.

Pour rĂ©sister au marchĂ© noir, l’Oklahoma a dĂ©cidĂ© de favoriser les produits prĂ©emballĂ©s. Il est plus facile de vĂ©rifier un timbre d’assises que d’inspecter un sac de poubelle rempli de fleurs. L’Oklahoma serait devenu la plaque tournante des marchĂ©s illicites du cannabis aux États-Unis. Selon le Oklahoma Bureau of Narcotics, le quart (25 %) des producteurs autorisĂ©s seraient reliĂ©s, d’une façon ou d’une autre, au commerce illĂ©gal du cannabis. C’est prĂ©cisĂ©ment lĂ  que la «promesse d’imputabilitĂ© de la graine Ă  la vente» prend son sens. Dans une vente en vrac, la vĂ©rification de la provenance d’un produit est impossible. Cette vĂ©rification ne repose que sur le lien de confiance entre le vendeur et l’acheteur.

La meilleure protection contre le marchĂ© noir repose sur une mĂ©thode de prĂ©emballage Ă  laquelle tous les joueurs lĂ©gaux doivent se plier. Sauf dans un cas prĂ©cis : la vente Ă  la ferme ou au bunker. Un microproducteur va proposer 2 ou 3 variĂ©tĂ©s au maximum. Non seulement l’étiquetage devient plus facile, mais l’opĂ©ration de charme avec un public heureux de rencontrer son maitre cultivateur Ă©chappe au syndrome de la parfumerie en grands magasins
 Trop d’effluves diffĂ©rents finissent par Ă©cƓurer.

Les fleurs ne poussent pas uniformĂ©ment pour atteindre le poids idĂ©al de 3,5 gr. Pas encore. Je n’ai jamais vu une once de huit fleurs. ForcĂ©ment, des fleurs de cannabis seront coupĂ©es en deux, voire en trois, pour complĂ©ter un achat. Mais qui voudra de la moitiĂ© triturĂ©e restĂ©e dans le grand pot transparent de verre? Tous les supporteurs de la vente en vrac, obligatoirement! 😉

Vous avez déjà réfléchi au problÚme? Vous avez des solutions? La section «Commentaires» vous attend!

À mon prochain bilan de santĂ©, je vais demander Ă  mon mĂ©decin s’il est capable de dĂ©tecter des traces de ziploc dans une formule sanguine!