La garantie d’étiquetage exact En moins de 15 secondes

  • L’hypothèse selon laquelle un marché légal offre une garantie d’étiquetage exact… est inexacte.
  • Il faut plus de transparence, de précision et de responsabilité de la part de l’industrie
  • La santé et le bienêtre des consommateurs sont importants

Figure 1. Amounts in Product Labeling vs Website

La promesse de la légalisation de 2018 était double :

  1. Toute vente légale constitue une réduction des marchés illicites, un assèchement du pouvoir d’achat des organisations criminelles
  2. Les Canadiennes et les Canadiens auront droit à une vraie transparence sur les produits légaux disponibles, une garantie d’étiquetage exact

La SQDC annonçait hier dans son rapport annuel 2023-2024 que sa contribution au trésor public était de 217,3 millions de dollars. Ses ventes totales? 662,1 millions de dollars. Si on traduit ça en nature, la SQDC a vendu 122 478 000 grammes de cannabis. La promesse de réduction des marchés illicites semble fonctionner. Pour la SQDC. Pour les producteurs autorisés, la vie est plus difficile. Une saga pour une autre fois.

Label Accuracy of Legal Oral Cannabis Oil Products in Ontario, Canada

La recherche Label Accuracy of Legal Oral Cannabis Oil Products in Ontario, Canada porte son regard sur la transparence promise, la qualité des produits et le respect des exigences d’étiquetage auxquelles est soumise l’industrie du cannabis. C’est aussi le type de recherches que le gouvernement provincial québécois avait promis. La chercheuse principale est Amanda Doggett de McMaster University (doggetta@mcmaster.ca). La recherche a été publiée le 5 juin 2024 sous les termes de la licence CC-BY.

Témoignage de Justin Trudeau

Quelles méthodes ont été utilisées pour quantifier les quantités de CBD et de THC dans les produits à base d’huile orale?

Entre novembre 2021 et janvier 2022:

  • Suivi de tous les produits d’huile orale disponibles sur le site Web de l’Ontario Cannabis Store (OCS)
  • Sélection au hasard de 30 produits disponibles au moins deux fois au cours de la période d’étude
  • Mesure (chromatographie liquide) des quantités de CBD et de THC

Comment la précision de l’étiquetage des produits du cannabis sur le marché légal canadien se compare-t-elle aux résultats des recherches précédentes?

Les chercheurs notent des divergences similaires aux résultats de recherches antérieures. Dans cette étude :

  • Un tiers des produits achetés différaient de leur description en ligne du THC et du CBD
  • 16,7 % présentaient des informations contradictoires sur l’étiquette physique.

Ces résultats suggèrent que l’étiquetage inexact des produits du cannabis est un problème courant qui doit être résolu par l’industrie.

Après avoir négligé de se donner un protocole commun pour les tests de laboratoires, Santé Canada a du intervenir pour «raisonner» l’industrie du cannabis. Depuis, partout au Canada, on note une baisse des pourcentages annoncés. Comme par hasard. Est-ce la fin des cultivars à plus de 40 % de THC? Trop tôt pour le dire. 

Quelles sont les implications des résultats de cette étude pour les consommateurs et les régulateurs de l’industrie du cannabis?

L’étude a révélé que :

  • L’étiquetage inexact des produits à base d’huile de cannabis sur le marché légal canadien est courant
  • Généralement, les produits sont étiquetés avec une teneur en THC ou en CBD supérieure à leur contenu réel.

La recherche suggère que ces écarts sont préoccupants en singularisant les besoins des consommateurs médicaux qui achètent pour se soigner des produits du marché non médical.

Goutte dorée

Conclusion

Pour les régulateurs canadiens, le constat est simple. Il faut muscler les mesures de contrôle de la qualité du cannabis. C’est l’unique façon de garantir l’exactitude de l’étiquetage des produits.

Cette publication scientifique nous rappelle que la légalisation canadienne ressemble à la constitution du pays. La théorie de l’arbre vivant affirme que la Constitution du Canada est organique. Il faut l’interpréter largement et libéralement pour l’adapter à l’évolution de la société.

Bon Stock voit la légalisation du cannabis comme un plant vivant et non pas comme un concept figé. Il y a plusieurs modèles différents au Canada. Déjà, il est clair que tous les monopoles sont différents. Il suffit de comparer le Nouveau-Brunswick au Québec. Cette recherche ne fait que confirmer que tout reste à faire.

Mais pourquoi serions-nous surpris de cette réalité?

La science vient de remettre en cause le rôle des terpènes dans les odeurs dégagées par les cultivars…

TERPÈNES OUT, AROMATISANTS IN!

En cinq ans, le marché est passé d’une adoration unique au dieu THC à l’appréciation du CBD et maintenant des terpènes. Le cannabis n’en finit plus de nous surprendre. Traiter avec respect les consommateurs qui font confiance aux produits de l’industrie légale? Cela devrait être possible. Cette industrie fait déjà des miracles.