Quel est le but de cette recherche?

L’étude de Derek Wright (Lake Superior State University) s’est intéressé à la composition des papiers à rouler et des cônes disponibles pour les consommateurs qui fument des produits de cannabis. Grâce à la spectrométrie de masse à plasma couplée par induction (ICP-MS), la présence de 26 éléments comme l’arsenic, le cadmium, le mercure et le plomb pouvaient être détectés. Cette démarche scientifique leur a permis de mesurer avec beaucoup de précision ce qui se cache dans les papiers à rouler. Le titre de la recherche est Elemental Composition of Commercially Available Cannabis Rolling Papers.

Quelles marques ont été testées?

L’étude porte sur des feuilles à rouler et des cônes achetés dans des commerces du Michigan entre les mois de février et juin en 2022. Les échantillons ont été choisis pour représenter toute une gamme de produits, incluant des marques «incontournables» selon les budtenders et commerçants consultés. Les noms précis des marques testées ne sont pas mentionnés. Les chercheurs ne veulent pas se substituer au législateur ou à la police. Ils désirent simplement contribuer à l’assainissement d’une catégorie de produits dans l’univers du cannabis.

Différents papiers à rouler testés

Tout est testé dans l’industrie du cannabis?

Non. Personne ne s’intéresse aux papiers à rouler. Même si la sécurité des produits est devenue LA préoccupation du moment. Un producteur autorisé qui échappe une branche sur le sol de son usine doit en tenir compte dans des rapports à Santé Canada. Tout mince qu’il est, le papier à rouler s’est faufilé entre les craques de la légalisation. Jusqu’a maintenant…

Quels sont les ingrédients qui font peur dans les papiers à rouler commerciaux?

Les principaux éléments «préoccupants» trouvés dans les papiers à rouler testés par les chercheurs sont les suivants :

  • cuivre (Cu)
  • chrome (Cr)
  • vanadium (V)
  • argent (Ag)
  • calcium (Ca)
  • baryum (Ba)
  • titane (Ti)
  • antimoine (Sb)

La présence de ces éléments constitue un risque pour les utilisateurs fréquents. La présence du cuivre provient aussi des encres d’impression utilisées pour personnaliser les papiers.

Comment les concentrations d’éléments dans le papier à rouler se comparent-elles aux doses de composés pharmaceutiques?

Les chercheurs ont comparé les niveaux d’éléments dans le papier à rouler à ceux recommandés pour les médicaments inhalés (USP 232 et l’ICH Q3D). Certains éléments, comme le cuivre, le chrome et le vanadium, créent une exposition significative lors de la combustion. En fait, ils pourraient même dépasser les limites recommandées pour les médicaments. Comme beaucoup de patients médicaux fument pour se soigner (80% en Israel), l’importance de comprendre les risques associés à ces éléments dans les papiers à rouler.

Quelle est la découverte la plus surprenante dans cette recherche?

À l’exception du cône en or 24k, tous les échantillons contenant des niveaux de cuivre supérieurs à 30 μg/g étaient colorés avec un pigment bleu ou une autre couleur pouvant inclure un pigment bleu comme ingrédient (comme le vert, le violet et le noir).

Le bleu

Des problèmes de conception

La conception des produits et les pratiques de fabrication impactent significativement l’exposition des consommateurs à des éléments potentiellement toxiques. Les encres d’impression à base de cuivre dans ces produits posent problème. Des alternatives existent. La recherche a aussi identifié l’utilisation d’argent, d’antimoine et de chrome dans les matériaux en polyéthylène téréphtalate (PETE) destiné à être fumé. Là aussi, une réflexion de l’industrie légale sera souhaitable.